Experts NBA ou pas, on est tous capable de se planter. C’est sûrement la leçon qu’il faut retenir de l’été 2014 et de cette fameuse draft tant attendue. Une draft qui a fait couler beaucoup d’encre, une draft qui a eu le droit aux plus belles comparaisons, une draft qui nous a fait rêver. Mais finalement, une draft qui nous déçoit réellement.

DES RÊVES À N’EN PLUS FINIR
Nous sommes le 17 septembre 2014, cela fait presque 3 mois que des petits jeunes ont rejoint la NBA et les prédictions sur le futur de ces joueurs fusent. Même si certains débattent sur qui sera le ROY, les avis sont presque unanimes pour dire que cette cuvée est exceptionnelle et restera surement dans l’histoire.
Ce jour-là, considérant que les attentes autours des nouveaux rookies ne sont pas encore assez hautes, le magazine américain SLAM décide d’en remettre une couche. Il dévoile ainsi la couverture de son futur numéro avec 12 des 14 premiers choix de draft posant devant un mur en brique. Une comparaison évidente à la draft 1996 où la couverture du magazine était la même. Draft où l’on peut retrouver des noms assez connus comme par exemple Kobe Bryant ou encore Allen Iverson et d’autres un peu moins comme Steve Nash ou Ray Allen. Plus sérieusement, la barre est mise très haute avec cette draft de qualité supérieure. SLAM ne se prive pas non plus pour la décrire comme la meilleure depuis 2003 ayant vu Lebron, Melo, Wade, Bosh et d’autres ; ainsi que pour la comparer à celle de 84 avec Jordan, Hakeem, Barkley et Stockton.
Les nouveaux rookies ont beau ne pas être majeures pour la plupart, ils vont tout de même devoir digérer la pression mise par les journalistes et les fans.
Aujourd’hui, 5 ans après, il est un peu tôt pour pour se permettre de les encenser ou de les condamner mais il est tout de même possible d’avoir un vrai avis sur le niveau de cette draft et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est ne répond clairement pas aux attentes.
Rangez donc vos MJ, Kobe ou Lebron et venez découvrir Wiggins et son crew !
QUI EST LE FUTUR GOAT ?
En regardant les trois drafts auxquelles est comparée celle de 2014, la première chose qui saute aux yeux est que dans chacune d’entre elles, il y a un prétendant au titre de GOAT, ou au moins un joueur présent dans la plupart des discussions. Pour ne pas déroger à cette règle et pouvoir assumer les comparaisons il est essentiel de trouver dans cette draft la star de la décennie 2020. Heureusement, il y a bien un joueur qui semble pouvoir se rapprocher de ce statut. Qui d’autre que Doug Mcdermott Joel Embiid dans le lot peut prétendre à cette place ?
Le pivot camerounais a connu un début très compliqué à cause des blessures. Deux premières années blanches, une troisième à 30 matchs, Joel commence enfin à trouver un rythme plus soutenu depuis deux ans. En revanche, son impact sur le terrain s’est fait ressentir dès ses premiers pas sur les parquets. Une bête physique capable de scorer et d’écraser les pivots adverses depuis ses premiers matchs. Cette année, c’est près de 28 points et 14 rebonds pour un Joel qui est arrivé tout proche d’une finale de conférence.
Avec une équipe ultra compétitive, Embiid a clairement pour objectif de commencer à remplir le plus tôt possible sa bijouterie. De là à ce qu’il soit le prochain prétendant au titre de GOAT il est évidemment trop tôt pour le dire avec seulement 3 petites saisons en NBA. Cela demande beaucoup plus que ça. Mais les premières saisons sont tout de même un indicateur intéressant. Il n’est peut-être pas parti sur les bases de MJ et Lebron qui étaient encore plus dominant, ou de Kobe qui commençait déjà à récupérer ses bagues à cet âge, il est tout de même déjà trop dominant pour enlever à la draft 2014 son futur GOAT.
QUELLES AUTRES STARS ?
Rappelons-nous, sur la couverture du magazine en 1996, il y avait Kobe Bryant, mais il n’était pas tout seul, loin de là. A ses côtés on retrouve 3 autres Hall of Famers avec Iverson Nash et Allen. Slam comptait donc bien retrouver quelques années plus tard, sur sa couverture de 2014, quelques Hall of Famers aussi.
Mais c’est bien la que la comparaison se complique. Encore une fois il est trop tôt pour enterrer qui que ce soit mais comment imaginer en 2019 qu’un seul de ces joueurs (autres que Embiid) puisse un jour ne serait-ce prétendre à rentrer au panthéon du basket ? On a beau regarder les meilleurs ou ceux qui avaient le plus gros potentiel, il n’est même pas sûr qu’un seul de ces 11 joueurs sera un jour un All Star. Quand on pense que même Jamaal Magloire a eu ce statut ça fait mal…
Il y avait pourtant dans cette draft l’héritier de Kobe Bryant avec Andrew Wiggins. Il était très attendu après une belle année en sorti de fac et a été logiquement pris en première position par les Wolves. Bien qu’il réalise trois premières saisons impressionnantes au niveau du scoring, des détracteurs commencent à apparaitre en soulignant son manque d’envie et d’implication. Son potentiel n’est pas remis en cause mais il y a une sensation de « peut mieux faire » qui se dégage autour du joueur. C’est lors de sa quatrième et cinquième saison que ses stats sont vraiment en baisse et son apport à l’équipe est limité. Bien qu’il ait décroché un très beau contrat car Minnesota croyait encore en lui en tant que lieutenant de Towns, il est aujourd’hui considéré comme un bust et plus le temps passe, moins on arrive à l’imaginer exploser un jour. Il est clairement sur une pente descendante et à son âge, ce n’est pas signe de grande réussite.
Il faut donc espérer que certains joueurs draftés un peu plus bas aient plus de chance d’atteindre le niveau de star pour remonter la côte de cette draft. En regardant de plus près, on peut isoler trois autres joueurs autour desquels un dossier peut être fait.
Le premier d’entre eux est surement le plus en avance, il s’agit de Zach Lavine. Le 13ème choix commence sa carrière aux Wolves comme Wiggins. Bien qu’il soit au début dans l’ombre du premier choix, il arrive tout de même à montrer un potentiel intéressant. Il se retrouve néanmoins trader du côté de Chicago dans le package pour Jimmy Butler en 2017. C’est dans l’Illinois que l’histoire commencera à être vraiment belle pour Zach. En effet, la franchise le récupère dans l’optique dans faire un leader de l’équipe et aujourd’hui, il forme un duo très prometteur avec Markannen. Même si les résultats n’ont toujours pas suivi pour le moment, l’équipe est jeune et devrait pouvoir monter en puissance dans les années à venir. Si les Bulls sont à la lutte aux playoffs et que Lavine fait un début de saison plus impactant que son coéquipier finlandais, il pourrait éventuellement se retrouver au All Star Game dès la saison prochaine. La probabilité n’est cependant pas très élevée et celle de le voir s’afficher en tant que star de la ligue dans quelques années ne l’est pas non plus.
Les deux autres joueurs ont pour le moment montré encore moins de certitudes mais sont aussi à citer pour des raisons différentes. Tout d’abord, Aaron Gordon, sélectionné en 4 à Orlando, a passé ses 5 premières années dans la même équipe. Le Magic croit en lui et lui permet de se développer à son rythme en lui accordant rapidement du temps de jeu. Le joueur progresse ainsi de saison en saison et affiche un tout autre visage que lorsqu’il était rookie. Avec ses qualités physiques hors normes, il a de quoi s’imposer en NBA. Cependant, lors des deux dernières saisons on peut le sentir près de son plafond et son niveau est encore trop faible pour espérer être dans le futur mentionné dans la discussion pour être All Star. Il devra prouver que son plafond est bien plus haut et continuer progresser s’il veut un jour être reconsidéré.
Enfin, notre dernière pépite, ou plutôt, notre dernier espoir n’est autre que Julius Randle. Il a un parcours tout à fait différent de Gordon. Sélectionné en 7 par les Lakers d’un Kobe en fin de carrière, il réalise des premières saisons assez compliquées. Malgré un potentiel présent, son poids semble poser un problème et l’empêcher d’être réellement impactant. A l’été 2018, il choisit de signer avec les Pellicans où il doit avoir un rôle de 6ème homme. Il profite aussi de cet été pour s’affuter réellement et revenir prêt pour la saison. La blessure de Davis ainsi que les histoires de trade lui permettent de prendre souvent la place de titulaire et de montrer tout son talent. Il réalise enfin une très bonne saison et sa côte augmente grandement. Il est désormais aux Knicks et est affiché comme un leader de l’équipe. Est-il capable de porter une équipe et de continuer sa progression ? C’est tout l’enjeu de ses prochaines saisons, surtout qu’à New York, sa côte médiatique sera très forte et lui permettra d’avoir une vraie reconnaissance.
On se retrouve donc pour le moment avec un joueur d’un calibre de superstar mais qui semble être assez juste pour apparaître dans les discussions autour des meilleurs joueurs de la ligue. Ainsi que de quatre joueurs encore assez loin du niveau d’All Star au bout de 5 saisons même si pour certains il est encore possible d’imaginer un meilleur futur.
ÇA JOUE COMMENT LE RESTE ?
Pour que la draft 2014 soit vraiment au niveau de celle de 1996, il ne suffit pas d’avoir 4 superstars. D’autres joueurs doivent avoir un niveau d’All Star. Antoine Walker, Jermaine O’Neal, Stephon Marbury, ou encore Shareef Abdur-Rahim, tous étaient présents sur la fameuse couverture de Slam et tous ont ensuite eu leur étoile voire même leurs multiples étoiles d’All Star.
Après avoir dû creuser pour arriver à trouver quelques joueurs ayant du potentiel et pouvant avoir un avenir radieux, il va désormais falloir aller plus loin et trouver dans nos 7 derniers joueurs qui peut encore nous surprendre. Il faudra pour ça que l’un d’entre eux explose car ils partent tous d’assez loin.
Le deuxième choix de draft Jabari Parker, avait pourtant des qualités physiques impressionnantes nous laissant imaginer le meilleur mais il a eu trop de blessures en début de carrière et n’a ensuite jamais réussi à s’imposer à côté d’un Giannis en pleine explosion. Cette année aux Bulls il a même fini par se faire bencher.
Sur la photo, on retrouve encore quelques joueurs de devoirs. Marcus Smart est une pièce essentielle du bon fonctionnement des Celtics ces 5 dernières années mais semble déjà avoir atteint son plafond de rôle player depuis longtemps. TJ Warren a montré un certain talent offensif à Phoenix sans jamais impacter réellement le jeu et aider l’équipe à gagner des matchs. Son rôle pourrait changer maintenant qu’il a rejoint les Pacers mais difficile de l’imaginer avec des responsabilités plus importantes, il pourrait même se retrouver à sortir du banc. Enfin, Elfrid Payton est lui aussi un rôle player intéressant mais connait un début de carrière compliqué avec beaucoup de changement de club et n’a toujours pas pu s’installer dans une quelconque équipe. Ces 3 joueurs ont donc un vrai avenir en NBA mais très certainement pas en tant qu’All Star.
Les derniers joueurs restants font encore moins rêver. Que ce soit Nik Stauskas, Doug Mcdermott ou encore Noah Vonleh, aucun d’entres eux ne parait capable de peser dans une équipe. Leur avenir en NBA semble même assez limité lorsqu’on voit des joueurs comme Jeremy Lin n’arrivant pas à trouver de club. Il ne serait pas étonnant de les retrouver dans quelques années en Euro League ou encore en Chine. Bien loin de la place qu’il leur était destiné il y a 5 ans.
BONUS
En 1996, SLAM avait eu l’oeil et avait réussi à choisir les bons rookies qui allaient avoir un bel avenir. La magazine n’avait pas oublier grand monde ce qui rend cette photo encore plus mythique.
En 2014, la réussite n’est pas aussi belle et des bons joueurs ainsi qu’une pépite ont été oublié sur la couverture.
Tout d’abord il manque le douzième et le seizième choix de draft, respectivement, Dario Saric et Jusuf Nurkic. Le premier a connu de nombreuses blessures mais n’est pas passé loin d’être rookie de l’année en 2017 lors de ses vrais débuts. Cette année aux Suns il aura un vrai rôle dans l’équipe et pourrait vraiment apporter. Il est encore loin d’être une star mais aurait pu augmenter le niveau dans cette photo. Nurkic tant qu’à lui a vraiment explosé en arrivant aux Blazzers. Sur ce début de saison il avait transformé le duo Lillard/McCollum en un trio de haut niveau. Mais sa blessure qui va le tenir éloigné des parquet pendant environ 1 an risque de l’empêcher de revenir à son meilleur niveau. Il va falloir que « The Bosnian Beast » fasse preuve d’une vraie force de caractère pour passer outre cette blessure, car c’est toujours un événement marquant d’une carrière surtout pour un pivot si massif.
Enfin, l’un des deux meilleurs joueurs de cette draft n’apparaît pas non plus sur la photo. En même temps peu de gens imaginaient le Serbe Nikola Jokic, sélectionné en 41 par les Nuggets, devenir une bête. Il apparaît même dans la First All NBA Team de cette saison pour avoir porter son équipe à la deuxième place de l’ouest juste derrière les Warriors.
A lui seul, il permet à cette draft de ne pas s’afficher dans les pires de la NBA mais de là à être comparé aux meilleurs il y a un monde.
Il a beau être trop tôt pour juger la carrière de ces jeunes joueurs, il est évident que la Hype de la draft 2014 était beaucoup trop haute par rapport au niveau réel des joueurs qui la compose.
En espérant qu’un jour Slam reconnaisse son erreur et rembourse les personnes ayant dépensé 5$99 pour ce numéro.
Written by Mael from Shammgod Ballers
